L'Histoire



L’histoire des Baladins du Miroir se confond dans ses prémices avec celle de Nele Paxinou.

Nele Paxinou1942
Nele naît à Anvers d’un père immigré grec et d’une mère flamande. Elle grandit à Bruxelles où, déjà passionnée de théâtre, elle fréquente le cours de Pierre Laroche à l’académie d’art dramatique. Très jeune, elle entame une carrière de comédienne au théâtre du Rideau de Bruxelles dirigé par Claude Etienne.
En pleine ascension professionnelle, elle contracte à 23 ans, une maladie fulgurante et invalidante qui la contraint de renoncer aux planches. Mais sa passion ne faiblit pas ! Elle se tourne vers les études et décroche une double licence en philosophie à l’UCL et en Sciences Théâtrales auprès d’Armand Delcampe au centre d’études théâtrales à Louvain-La-Neuve.


1975
Elle réalise sa première mise en scène aux facultés St Louis. « La mort du docteur Faust » de Michel de Ghederode, découvert lors de recherches en bibliothèque, digne à son avis de Molière et Shakespeare, est un succès ! L’œuvre porte en elle tout les prémices du théâtre forain !

« Cette pièce me fit comme un signe et, d’emblée, je sus que c’était ça. Je ressenti un appel aussi mystérieux et irrésistible que le chant d’une sirène et me retrouvai engloutie dans la mer sans fond d’une étude approfondie de l’auteur. »
(Nele Paxinou – Ne laissez pas mourir vos rêves – Maelstöm éditions)


C'est là que Claude Etienne l’invite à réaliser la mise en scène d'«Orvet» de Jean Renoir, pour le Rideau de Bruxelles. Dans la foulée, Nele lui propose de monter pour les « Midis du Rideau » une autre pièce de Ghederode : « Christophe Colomb ».
Le peintre Edouard Bestgen, passionné de cirque, signe les décors de ces deux spectacles.


1979Affiche Théâtre du Miroir
Le théâtre du Miroir naît de cette rencontre et du désir de créer « Le Soleil se Couche » de l’affectionné Ghelderode, tout en sortant des lieux consacrés du Théâtre . Le spectacle est donc monté dans une église désaffectée : la chapelle des Brigittines à Bruxelles près du Sablon.
Voilà le début du voyage, d’un long voyage !


« Ce vieux rêve de fondation d’une troupe, Nèle Paxinou a pu le réaliser grâce à un subside de cinq cent mille francs du secrétariat d’état aux affaires communautaires françaises et aussi en faisant appel à une forme originale de mécénat. En effet, le peintre Edouard Bestgen a réalisé une série de cinq œuvres inspirées par la pièce (…) vendue aux sympathisants au prix de 2000 francs. Il existe deux cents pochettes…Avouons que c’est une idée originale et qui pourrait avoir de l’avenir ! »
(Le Soir – Novembre 1979)



Miroir, pourquoi miroir ? « Ne pas se rendre au théâtre, c’est comme faire sa toilette sans miroir » disait Arthur Schopenhauer.
Qu’est-ce que le théâtre sinon le miroir de la vie, cette petite porte qui ouvre vers les mystères de l’âme. Le stade du miroir est, selon Lacan, disciple de Freud, constitutif de la personnalité.


Affiche du grand chariot dessinée par Edouard Bestgen1980
Le metteur en scène Jean-Claude Idée propose au théâtre du miroir, un projet de spectacle itinérant dans les quartiers de Bruxelles, sur un chariot.
Il s’agit de « Kwiebe Kwiebus », une adaptation du « Voyage autour de ma Flandre » de Michel de Ghelderode auquel Nele voue une passion inextinguible !

« Une première évidence s’imposa : le théâtre de rue nécessite un jeu d’acteur qui maîtrise aussi bien le jeu vocal que corporel des saltimbanques ; or de tels acteurs étaient très rares à Bruxelles à cette époque. J’ai donc proposé à Jean-Claude Idée d’aller faire un tour à Paris, à l’école d’Annie Fratillini pour laquelle je venais d’organiser une tournée en Belgique… Nous sommes partis, avec mon ami Edward Bestgen, peintre et décorateur, pour faire passer une audition. »
(Nele Paxinou – Ne laissez pas mourir vos rêves – Maelstöm éditions)

A lieu la rencontre décisive qui donnera plus tard naissance aux Baladins du Miroir ! Marco Taillebuis qui a travaillé avec une troupe de théâtre brésilien et Benoit Postic qui pratique surtout le mime, sont engagés sur le champ ! Le comédien Denis Lavant est également de la partie.




MAI 1980
Le premier contact avec le public a lieu à la fête des fleurs de Watermael-Boitsfort.

« Ainsi nous nous sommes rencontrés et nous nous sommes reconnus. D’autres sont venus nous rejoindre, partageant cette même folie de jouer dans la rue. Dans les années 80, il s’agissait d’une démarche unique et très audacieuse. Nous découvrions un type de jeu proche de la Commedia dell’arte où tout est prétexte à une relation immédiate avec le public… »
(Nele Paxinou – Ne laissez pas mourir vos rêves –Maelstöm éditions)

Le déclic se fait, la vocation est née : porter les grands auteurs à la scène pour les restituer au public le plus large possible, chaleureux et exigeant, prêt à se laisser séduire et captiver, prêt également à quitter sans complexe le cercle des spectateurs sans laisser un sous dans l’escarcelle si le spectacle l’ennuie !


ETE 80
Le Théâtre du Miroir prend la route de Carcassone avec « Le Grand Chariot » ; l’Hanomag, camion transformé en char-tréteaux grâce à l’imagination d’Edward Bestgen, transporte les décors et costumes. Il est si vieux qu’il faut l’acheminer par train jusqu’au sud de la France !

La presse sur « Les Voyages de Kwiebe Kwiebus » :

« La Belgique anime Carcassone…Un style truculent, burlesque qui utilise les techniques traditionnelles des saltimbanques, jongleurs, acrobates mimes et musiciens. » (Midi Libre)
« Un soleil chaud et franc qui chasse les idées noires.» (La dépêche)
« Les prouesses du cirque et un texte superbe de Michel de Ghelderode. » (L’Indépendant)

Vu les conditions matérielles très limitées, « Le Grand Chariot » fait l’ultime effort de regagner la Belgique par la route, faisant découvrir les joies du voyage à la troupe.
L’idée des roulottes et du théâtre itinérant fait son chemin!


HIVER 80
Dès le retour, le théâtre du Miroir fait l’acquisition de sa première roulotte. La troupe tente de jouer pour la première fois sous un chapiteau loué, au cours d’une tournée dans les communes de Bruxelles ; l’accueil très chaleureux du public et de la presse donne naissance à un nouveau projet


1981
En ce début d’année, la troupe prépare « Zadig » d’après Voltaire. L’été, le spectacle présenté en tournée pendant 3 mois dans le sud de la France, reçoit toutes les éloges de la presse :

« Une troupe qui descend dans la rue et va au devant du public, qui lui sert de miroir, sans chapiteau, sur une scène roulante, et ce, pour un spectacle gratuit. » (Midi Libre)
« Grâce soit rendue au Théâtre du Miroir qui a retrouvé le souffle du vrai théâtre populaire, celui qui se fiche pas mal du « message » et qui rend heureux » (Forum)

Le convoi se compose alors de 3 roulottes et 3 camions.


HIVER 81
Des mésententes au sein du groupe font éclater le Théâtre du Miroir.



De cette rupture naissent les Baladins du Miroir sous la houlette de Nele, Marco Taillebuis et Benoit Postic.
1982 - Thorembais


La troupe s’installe à la ferme de La Petite Cense à Thorembais-Les-Béguines.

Installation à la ferme de La petite Cense


1982
Pour le printemps, les Baladins préparent un Caf’conc’circus sous le chapiteau dont ils viennent de faire l’acquisition.


ETE 82
Ils reprennent « Zadig » avec succès en Belgique et en France.
"Zadig" Grand Place de Bruxelles


1983
Photo 11 : Les Baladins du Miroir, équipe des Fables de La Fontaine
La troupe crée « Les Fables » de La Fontaine

à suivre !